Tournoi provincial de Sainte-Martine

Nous sommes vendredi le 4 juillet et après 1h00 à rouler lentement dans le trafic de Montréal, à la sortie du pont Mercier, nous pouvons enfin rouler librement en direction de Sainte-Martine.  Après une vingtaine de minutes supplémentaires, nous arrivons sur le site du tournoi.

Deux beaux terrains clôturés nous attendent ; il y a déjà de l’action. Après avoir pris connaissance des résultats des matchs précédents, j’apprends que notre premier adversaire, les Gouverneurs de Gatineau, est en fait une équipe . . . de filles. Je vis déjà ma première petite angoisse du tournoi comme entraîneur : les joueurs, déjà assez excités dans l’auto, arriveront-ils à rester concentrer  face à une équipe entièrement féminine ? Finalement, cette première victoire de 13 à 2 nous a permis de garder nos lanceurs réguliers frais et dispos, tout en rodant la machine. Simon essaie de distribuer son numéro de téléphone aux filles de Gatineau . . . en faisant croire qu’il s’agit de celui de Fabrice. Allez les gars, il faut repartir pour Montréal.

Samedi après-midi, nous sommes de retour pour notre deuxième match prévu à 18h30. Dans un premier temps, nous avons appris que nos adversaires seront les Yankees de Pierrefonds et que l’horaire a 2 heures (!) de retard. Première question existentielle du groupe d’instructeurs : comment allons-nous occuper nos joueurs tout ce temps ? Heureusement, le tournoi en est à sa 10e édition et les organisateurs ont appris à développer un plan B pour palier à ce type de situation. C’est ainsi que nous serons redirigés vers un terrain de Mercier, la ville voisine,  pour y disputer notre match.  Tous nos joueurs contribueront à cette victoire de 10 à 6 qui nous donne accès la demi-finale du tournoi le lendemain matin. Les joueurs pourront un jour se vanter à leurs enfants d’avoir déjà gagné contre les Yankees ; quand même, ce n’est pas rien. Cela mérite une crème glacée. . .

La nuit suivante sera courte : entre le coucher vers minuit et le retour sur le terrain une heure avant le match prévu pour 10h00, il y aura eu un autre retour à Montréal. Nous allons affronter en demi-finale les Boys de Gatineau, vainqueurs la veille au soir des Monarques de Montréal-Nord lors d’un match marathon de 3 heures et demi. Celui qui nous a prédit un été chaud et sec avait au moins raison pour la journée du 6 juillet. Cette demi-finale sera en effet disputée sous un soleil de plomb. Après une première manche facile où nous prenons une avance de 5 à 0, les effets de la chaleur, combinés à une courte nuit de sommeil, ont nui à la concentration des joueurs qui commettent plusieurs erreurs. Après avoir permis aux Boys de prendre l’avance 9 à 8, ces derniers ont appris que les Panthères Gris d’Ahuntsic ne lâchent pas à la première difficulté. Nous l’emportons finalement 10 à 9. Ouf ! Ce début de partie facile qui se complique par la suite nous aura permis de nous rappeler la célèbre citation de Yogi Berra, telle que rapportée par Jean Perron : « il ne faut pas vendre la peau de l’ours, tant que ce n’est pas fini ».

Un dîner à l’ombre et une trempette dans la piscine située sur le site du tournoi aura permis à tout le monde, entraîneur compris, de recharger nos batteries et de baisser notre température. Sans le laisser paraître aux jeunes, je redoute encore les effets de la chaleur sur nos joueurs pour la finale prévue à 16h00. Deux heures avant celle-ci, je prends donc l’initiative de demander aux organisateurs s’ils peuvent nous installer une toile au-dessus de notre abri des joueurs. La toile sera là à l’heure dite. Nous sommes aussi demandés par le photographe de l’organisation pour une photo d’équipe.

Pour la finale, Vincent, un de nos Moustiques A appelés en renfort pour le tournoi, sera le lanceur partant. Après 3 manches et une confortable avance de 12 à 5 en notre faveur, Michel (entraineur-chef) décide de permettre à Fabrice, qui a lancé dans le premier match, de venir en relève pour 2 frappeurs au début de la quatrième manche. Finalement, après 3 frappeurs et 1 retrait, Jean-Gabriel sera appelé en relève. Devant ce changement rapide, les joueurs et entraineurs des Missiles de Carignan nous croient en déroute et à court de lanceurs. Ils jubilent déjà . . . jusqu’au premier tir de pratique de Jean-Gabriel ! Oups ! C’est à ce moment-là que les entraineurs de Missiles se sont recueillis en baissant la tête pour faire leur prière du dimanche. Jean-Gabriel finira le travail pour une victoire finale de 12 à 7. Je jubile autant que les joueurs.

À peine sommes-nous revenus sur la ligne du 1er but pour recevoir prix et médailles qu’un organisateur nous amène la photo d’équipe ( !) nous proclamant champion du tournoi provincial de Sainte-Martine. Vraiment, cette organisation bien rodée me surprend encore par son efficacité, ce que je ne manquerai pas de dire de vive voix à leur président avant de quitter.

Ai-je aimé mon expérience ? Absolument ! Vivement que le mois de juillet 2009 arrive ! Je réserve déjà ma place pour aller défendre notre titre de champion du tournoi . . .

Richard Marcotte